1. Les origines d'un phénomène nippon
Gothic Lolita, ce terme si récurrent lorsque l’on traite de modes Japonaises semble conserver sa part de mystère pour nous européens. Bien qu’il ne soit plus rare de croiser le chemin de charmantes jeunes filles vêtues en soubrettes ou encore affublées de tenues digne de poupées en porcelaine lors de rassemblement tel que la Japan Expo, cette mode pourtant courante au Japon semble ici se cantonner aux rassemblements biannuel des amateurs de culture nipponne. Cependant il s’agit bien là d’une mode et pas simplement de déguisements.
Là où le gothique « européen » souhaite se démarquer de la masse en adoptant un look plus « sombre » et anticonformiste afin d’exprimer son mal être face à la société et son goût pour le « macabre », répondant (ou non) à une certaine idéologie, les Gothic Lolitas, elles, ne se rattachent pas à un mouvement multiculturel tels que les gothiques « traditionnels » et ne s’identifient donc pas à des valeurs musicales ou littéraire commune. Mais alors, à quoi correspond donc le terme de Gothic Lolita ? Bien connus pour ses adolescents aux looks déjantés, c’est donc au Japon que le look Gothic Lolita trouve ses racines. Né dans les années 1990, sous l’impulsion de groupes comme X- Japan ou bien Malice Mizer, cette alternative au look gothique, courant dans nos contrées mais relativement marginal au pays du soleil levant, s’est développée jusqu’à devenir aujourd’hui un véritable phénomène de société.
Mais vous allez me dire, « qu’elle est donc le rapport entre le look quasi-aristocrate, voir victorien de Mana (ex. guitariste de Malice Mizer et actuel Leader du groupe Moi dix Mois) et les tenues Néo-punk du regretté groupe X- Japan ? ». Et bien la réponse est : aucun. En effet, comme tout mouvement populaire qui se respecte, la mode Gothic Lolita ou Goth Loli, pour les intimes, se divise en plusieurs sous catégories principales, telles que:
- Les EGL (Elegant Gothic Lolita" incarnées par Mana)
- Les Punk Lolitas inspirées par les groupes de Visual Kei (ou J Rock)
- Les sweet lolita
Mana, guitariste, et oui, c'est un homme ^^
2. Les différents styles, première partie
Sweet Lolita:
Tout d’abord, la garde robe : Inspirée par le look rococo (style européen du 18ème siècle) qui se caractérise par une certaine démesure et un goût prononcé pour l’accumulation de dentelles et d’imprimés, les toilettes des Sweet Lolitas se différencient des autres tenues Gothic Lolita par leurs coloris pastels (principalement bleu layette, rose tendre, et blanc), leurs imprimés fleuris, ainsi que leurs manches bouffantes et leurs jupons en dentelle. On remarquera aussi l’importance des nœuds, aussi bien appliqués aux coiffes qu’aux robes, sans compter une attirance certaine pour les peluches et autres références à l’univers « Enfantins ». Et c’est bien là le terme, « enfantin », comme un besoin de retourner aux sources, à l’époque bénie des robes à froufrou et autres chaussettes en dentelle, la Sweet Lolita n’hésitera donc pas à accessoiriser sa tenue à l’extrême afin de donner la touche finale à ce look débordant d’innocence. Parmi les plus courants on noterat l’inévitable coiffe bien évidement, mais aussi les serres tête, les mini chapeaux ou encore les couronnes miniature. En ce qui concerne les chaussures, elles sont dotées de talons très grands : soit des platform shoes, soit de véritables chaussures à talons mais également des rocking horse. Mais ce n’est pas tout, loin de là. La sous catégorie des Sweet Lolita présente aussi son attirail sub catégories tel que les Shirololi tout de blanc vêtues ou encore les country lolitas, et leur tenues somme toute champêtre.

EGL ET EGA:
EGL, est l’abréviation d’Elegant Gothic Lolita, certainement le mouvement Goth Loli le plus populaire, et ce tout particulièrement en France où le nombre d’EGL ne cesse de croître d’année en année. Quant à EGA, ce terme réfère aux Elegant Gothic Artitocrats, un mouvement plus proche du style gothique traditionnel, et plus particulièrement néo-victorien, qui touche majoritairement les Gothic Lolitas plus « matures » (j’entends par là les 20-25 ans). Les Elegant Gothic Lolitas se caractérisent par des tenues rappelant les uniformes des dames de chambre (appelées aussi soubrettes ou French Maids) présentent dans les comédies burlesques. Celles-ci y sont souvent représentées portant de courtes robes bouffantes noires et blanches, agrémentées d’un tablier en dentelle ainsi que de chaussettes hautes. Ces éléments ont donc été repris par le mouvement EGL et poussés à l’extrême par l’ajout de volumineux jupons, de manches ballons et autres croix fantaisies. Passons maintenant aux EGA. Contrairement à la majorité des autres mouvements Gothic Lolita, les toilettes des Elegant Gothic Aristocrats sont bien plus « strictes » et surtout bien plus longues. En effet, exit les jupes tutus et nœud en dentelles, et bonjour aux jupes longues et aux corsets. Si ces attributs vous semblent familier, c’est tout simplement parce que les EGA, comme certaine gothiques européennes, s’inspirent de la mode Victorienne (milieu du 18 ème siècle en Angleterre). Les EGA portent donc des tenues plus près du corps, toujours agrémentées de serres tailles (waist cincher ou underbust) ou de corsets lacés de façon à affiner la silhouette et à sublimer les formes. Les jupes présentent souvent des faux cul (ou bustle) ou bien encore des traînes, et sont la plupart du temps noires avec ici et là des notes de rouge, de violine ou de bleu roy. On notera aussi la présence de chemises à jabot et de bijoux sophistiqués et délicats, comme ceux de la marque Alchemy Gothic. Industrial lolita:
Après nous être penché sur les modes EGL et Sweet Lolita, intéressons nous maintenant à la troisième et dernière grande tendance Goth Loli: Les Industrial Lolita. Remise au goût du jour en particulier grâce au manga « Nana » d’ Ai Yazawa , la mode Punk Lolita ou Industrial Lolita est la variation japonaise du look Punk né en Grande Bretagne dans les années 70. Cependant, les Industrial Lolitas, à l’instar des autres Gothic Lolitas, n’ont absolument aucune revendications contestataires et anarchiques à la différence de leurs homologues d’outre Manche.

En effet, le look Industrial Lolita s’est développé sous l’impulsion de groupes de Visual Kei comme Ayabie, ces derniers étant habillés par le cultissime H. Naoto, et n’a donc qu’une visée esthétique. Ce look se démarque très nettement des autres tendances Gothic Lolita et il est de surcroît le seul à avoir une déclinaison masculine (Il existe bien une version dandy des EGA, mais somme toute minoritaire), ces messieurs n’hésitant pas à se colorer les cheveux pour coller le plus fidèlement possible à l’apparence de leurs idoles. Leurs tenues sont donc bien moins soignées et mignonnes que celles des autres Gothic Lolitas et se caractérise par un goût très prononcé pour l’accumulation. Adepte du trash élégant, les Industrial Lolis usent et abusent d’accessoires destroy, tel que les chaînes, piques et autres colliers de chiens, sans oublier les inévitables épingles à nourrice. Niveaux tenues, celle-ci sont soigneusement déchirées, trouées, bref, déstructurées. Leurs hauts se devront d’être couverts de messages en anglais et d’imprimés du type crâne, croix et autres références macabres. On notera aussi l’importance de l’imprimé écossais qui apportera sa touche de couleur à une tenue généralement noire avec ci et là une note de rouge ou de blanc. Autre particularité, les Punk Lolitas sont les seules Gothic Lolitas à porter des pantalons, en particulier des panta-jupes, très tendance cet hiver chez des marques comme GLP club et K-Star. A mes yeux ce style vestimentaire est de loin le plus élaboré des looks nippons. De surcroît il semble aussi être le plus populaire à en croire « Kera Magazine » où il est largement représenté. De plus c’est un look finalement assez simple à réaliser et peu coûteux comparer, par exemple, aux Sweet Lolitas qui ne trouvent leurs vêtements que dans des boutiques spécialisée. De plus les accessoires étant de loin les plus importants pour parfaire un look Industrial Lolita, une tenue toute simple peut vite devenir trash en y ajoutant un slave necklace, une cravate customisée ou bien encore un face mask.
3. Les différents styles, seconde partie
Wa Lolita:
Les Walolis représentent le parfait mélange entre costume traditionnel et mode actuelle. En effet celles-ci portent essentiellement des Kimonos, ou des Yukatas, mais revus et corrigés à la sauce Gothic Lolita. En effet, les Yukatas qui arrivent généralement aux chevilles sont ici raccourcis à hauteur du genoux, et accessoirisés d’un petticoat (jupon bouffant), auquel vient s’ajouter une ceinture obi, agrémentée d’un nœud aux proportions démesurées pour rendre l’ensemble encore plus Kawaii. Cependant, les tissus dans lesquelles sont fabriqués les tenues des Walolis restent totalement inspirer par les tissus traditionnels japonais, même si certains créateurs comme H. Naoto vont jusqu'à décliner ce look dans une version plus punk, par l’ajout de chaînes, croix et autres imprimés trash. Horror Lolita ou Guro Lolita:
Si pour nous autre européens, les infirmières évoquent souvent l’érotisme et la douceur, pour nos camarades nippons, c’est tout l’inverse. En effet, celles-ci on la fâcheuse tendance de leur rappeler de traumatisant souvenirs et il suffit de jeter un coup d’œil à la filmographie horrifique du pays du soleil levant pour s’en rendre compte (Quentin Tarantino reprendra lui aussi ce thème à travers le personnage d’Elle Driver dans Kill Bill : Volume1). Les Horror Lolitas sont donc souvent vêtuesd’uniformes blancs tachés de faux sang et déchirés par endroit, avec ci et là des bandages ou des cicatrices, ce qui donne à l’ensemble un côté « poupée déglingué » de toute beauté. On notera aussi l’eyepatch (ou cache-œil), accessoire indispensable, qui soit dit en passant ne doit pas être bien pratique à porter au quotidien.
Decoras:
Les deux mots d'ordre ici sont imagination et originalité ! La plupart du temps, les looks sont très colorés et uniques, assortis d'une tonne d'accessoires délirants : bracelets multicolores rappelant souvent ceux de notre enfance, figurines et petits personnages, colliers tout aussi colorés et portés tous en même temps, sans oublier les lunettes, barrettes, chapeaux, casquettes, bonnets, sacs, peluches... Le tout dans une tonalité plutôt Kawaii. Sans oublier la coupe de cheveux assez déstructurée et parfois aussi colorée que le reste ! Au niveau des vêtements, on retrouve de manière quasi-systématique les guêtres, de toute taille et de toutes les couleurs, portées dépareillées ou d'une manière plus "classique".
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